Facile

03fév10

« Homme cherche femme et ne veut pas de relations ». « Homme cherche femme ronde pour escapade ». « Homme cherche homme soumis ». « Femme mature cherche homme pour la satisfaire ». « Femme cherche autre femme pour première expérience ». « Homme cherche femme pour relation secrète comme dans les films ». « Couple cherche femme ou autre couple ».

Ça semble si facile sur Craigslist et Kijiji. Est-ce que ça vous a déjà traversé l’esprit d’y mettre une annonce? Ou d’y répondre?


Il était tard hier. Nous avions fait l’amour… Elle avait fait l’amour. Moi j’étais un peu déconnecté, concentré sur son plaisir, parce que le mien… En fait, je n’aurais pas cru que ça aurait été le thème de la soirée: déconnecté. J’étais sur le bord de sombrer chez Morphée, quand elle m’a lâchée un « tu dors » ? Oh, que je connais ces « tu dors ? » là. Elle va pleurer, sortir sa bile, ses frustrations. Encore une fois, je ne vais pas me sentir à ma place, incompétent, incapable de la rendre heureuse. Ça finira en dialogue de sourd parce qu’elle parlera trop, retournera tout les sujets sur elle-même et moi je vais être en déni, en fuite et je ne dirais rien, perdu dans la facilité du silence. Puis, au matin, tout redeviendra comme avant.

Sauf que j’ai eu tort.

Aucun n’aura pleuré. Elle a parlé. J’ai parlé. Comme des adultes que souvent je crois que nous ne sommes pas. De s’avouer que nous n’avons pas vraiment de projets communs. Qu’elle aimerait en avoir. Que moi je préfère ne pas y penser. Que cet écart fait que souvent, quand je pense à nous, je lui fais un peu perdre son temps. À force de parler, j’étais à me demander si nous n’étions pas en train de rompre, ou si ce n’était carrément déjà fait.

Quelque fois, j’ai surpris ses phrase à être conjugué au passé et au présent à la fois: « On était heureux, le temps que ça dure ». Sorte de preuve que même elle, ne sait pas trop ce qui se passe. Dommage, quand tu initie un sujet, c’est ordinairement bien quand tu sais où tu va pour ne pas se perdre. Puis, à un moment, j’ai fait un truc. Quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire dans pareille situation. Moi qui ordinairement fuit, fait le muet ou répond évasivement, je me suis mis en mode proactif. J’ai posé une question. Avec la peur que ça se termine en crise, mais j’ai foncé. « On à pas de projets communs, on est un peu déconnecté. Tu me parles de ces gens qui vivent heureux mais un jour, voient qu’ils ne peuvent plus continuer ensemble… On a une date d’expiration, hein? » Là, j’attendais des larmes, une crise, des giga « je t’aime » de regrets de nous avoirs emmené sur un sujet si glissant. Mais non, rien. J’avais une adulte à mes côtés.

« Oui. Je ne dis pas que je ne changerai pas. Ou toi tu ne changeras pas. Mais dans l’ordre des choses, actuellement, oui on en a une. » Puis le sommeil m’a gagné. Nous nous sommes endormis, à demi-collé dans le noir, avec un poids de moins sur les épaules. Celui d’avoir dit des trucs, franchement, sans crise. Celui d’avoir fait des réalisations, de s’être avoué à nous mêmes des choses vrai, sans les éviter.

Ce matin, je me suis levé en retard. Quand j’ai quitté, je lui ai fait la bise sur le front, comme à tous les matins qu’elle dort dans mon lit. À demi réveillée, elle m’a sourie et m’a embrassé. Comme si rien ne s’était passé. Sauf que je sais, que cette fois, tant dans ma tête et la sienne, que nous avons une date d’expiration.

Et qu’elle se rapproche de plus en plus…


Dernièrement, j’ai été confronté doucement à une personne qui est passé par les mêmes étapes que moi. Celles des problèmes, des médicaments, du renouveau (en quelque sorte) et des problèmes qui surviennent par après. Sans trop le savoir, je me suis trouvé face à une personne qui à vécu le maelstrom des médicaments et leurs effets sur la libido. Puis de l’effet des libidos difficile sur l’estime de soi, les rapports envers les autres. Grossomodo, cette personne m’a effrayé tout le long de son discours. C’était à croire que je ne serai jamais normal, jamais heureux dans mes vies sexuelles, et sentimentales. Jusqu’au moment…

… où il dit: « Tu sais, c’est pas que tu as un manque de libido. Va regarder un film porno, tu va te rendre compte que tu en as, et plus que tu ne le pense. C’est l’amorce de ton plaisir, la façon dont il démarre qui est tout changé. Et ça, c’est possible de travaille sur ça. »

Ça ma fait du bien, d’entendre un truc du genre. Parce qu’il n’a pas tort. Je n’ai pas ma libido de collégien, mais reste qu’elle n’est pas absente. Et une fois parti, c’est comme si je n’avais rien pris du cocktail chimique que je prends au déjeuner. Mais j’en ai ras le bol… Ras le bol de travailler sur moi. Dieu sait que j’aimerais donc savoir ce que c’est qu’une vie sexuelle à la fois saine et active. Savoir ce que c’est de faire l’amour à quelqu’un, sans penser avant, pendant, et après, que tu es un incorrigible turn-off par ton manque de désir…


C’est tellement possible d’avoir le choix entre la libido et la sérénité. Facile, je vous dit. Le truc? Passer une vie à se convaincre que tout va bien malgré les certains hauts et la tonne de bas , et baiser son prochain. Puis, du jour au lendemain, se retrouver avec des pharmacopées que même si tu la prends à deux mains, petit train ne va pas très loin.

Trop de mots qui sonnent pareils, j’ai l’impression d’être un poète raté. Heureusement, j’ai toujours détesté la poésie.

Oh, ce n’est pas physique. Mon membre s’érectionne toujours, si j’ose dire. Mais après de fatiguant efforts mentaux. C’est dans la tête que ça ne va plus, et moi une vrai femme, sans la tête, pas de sang à la croupe. Et le problème, c’est tout le reste dans ma tête va bien. Pour une des rares fois dans mon existence, je me lève le matin, et non à contre coeur. Je dors la nuit, je me souviens même de mes rêves. Je me sens bien…

Si ce n’était du fait que, j’ai choisi il y aura bientôt 6 mois, de prendre compagne. Et comme toujours, je tombe sur une femme par qui le monde ne tourne pas rond si elle n’a pas sa baise régulière. Je l’aime, c’est sur. Peut-être pas autant que je devrais, mais toujours assez fort pour savoir qu’il y en a d’autres ailleurs qui la rendrait plus heureuse que je puisse le faire, ne serai-ce parce qu’ils la baiserait sauvagement, comme elle en rêve tant. Non pas que je n’en rêve pas… Mais… L’envie n’y est pas. À chaque fois que je lui fais l’amour, je suis détaché, ailleurs. C’est bon ma chérie, mais un orgasme qui se borne à être physique, y’a rien d’excitant. Ma tête n’y est pas… C’est pas ta faute. C’est cliché, je sais.

Puis il me prends cette petite pensée, si j’étais seul, sans elle, est-ce que ma vie serai vraiment parfaite? Sans avoir sur le poids de ma conscience la non satisfaction sexuelle de celle que j’ai choisi?


Le choix

29oct09

Vous avez le choix… Entre la sérénité d’esprit, et votre libido. Vous prenez quoi?


L’automne qui arrive. Les feuilles de la métropole, contrairement au reste du Québec, ne prennent presque pas de couleur avant de mourir, c’est déprimant. Vert, brun, morte. La grisaille arrive plus vite ici, et mes états mélancolique aussi. Je ressors mes foulards, manteau d’hiver et autre panoplie vestimentaire. Je ressors aussi mes disques de jazz, tous. Ella, Duke, Frank, Nina et Madeleine résonnent dans ma tête à chaque feuilles que l’arbre devant mes gigantesques fenêtres perd. Tranquillement, mais surement, la grisaille s’installe. Mais pas le doute.

Non, c’était un soir de semaine, pas très tard. Le soleil se couche timidement, comme pour s’excuser de quitter plus vite qu’avant nos vie, et j’entre dans ce grand espace au murs de brique rouge et fenêtres immenses. Quand j’ai tourné la tête vers ma gauche, elle y était. Dos aux fenêtre, face à un micro. Ses cheveux avaient pris de la longueur, par la magie du monde moderne et elle poussait des notes de chanson française aux accents jazzé… Puis mon monde c’est mis à basculer.

Vous ne me ferez rien dire de plus (bien pensé, mais meilleur chance la prochaine fois).

Mais je peux dire au moins que, enfin, le doute arrête de grandir. Il y est toujours. Mais il se stabilise. L’automne à deux s’annonce plus agréable, soudainement, pour une raison obscure teinté de Fais-moi mal, Johnny, j’ai un peu plus la force d’attendre l’hiver.


Soleil

17sept09

J’ai toujours adoré l’automne pour être célibataire. Allez savoir. Je me morfond toujours de vouloir de la chaleur, mais au contraire, j’adore être seul l’automne. Mais cette année, je ne le serai pas. En tout cas… Plus le temps passe, moins je le suis. Encore quelque fois, je doute. Mais moins souvent. Mais tout de même. Vous voyez?

Des grosses crises de doute qui te donnent envie de tout balancer par la fenêtre?

Puis je me dis de prendre sur moi. Si je n’ai rien balancer, c’est que je ne devais pas le faire. Et ma foi, j’ai quelqu’un qui m’accepte comme je suis, avec mes hauts et mes bas. Qui prends ce que j’ai à donner, et qui ne rechigne pas [trop] pour ce que je ne donne pas. Ça mérite encore un peu plus de prendre sur moi, et voir si réellement je peux passer par dessus le peu qui m’énerve chez elle.

Mais l’automne approche. Et j’ai peur qu’une personne à mon bras vienne gâcher mes moments sous les feuilles mortes [se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi, merci Jacques], c’est comme ça. J’aimerais donc être célibataire par phase. L’été parce qu’il fait trop chaud, je supporte mal les gens proche de moi. L’automne parce que… Parce que c’est comme ça. Puis, à la première neige, avoir quelqu’un dans mes bras (une paranoïa vieille de Mathusalem, rapporté à l’échelle de ma vie, un jour, je vous raconterai peut-être), jusqu’au début de l’été, quand ça commence à être trop chaud.

Alors je me sauve. Sous le soleil. Musique, feuilles blanches, crayons plombs. Alcool, temps libre, temps morts. Laisser passer le temps pour prendre mon temps d’avoir du temps à pouvoir perdre mon temps, et essayer de vivre un peu à contretemps [merci Françoise! C'est un spécial dédicace ce soir]. Histoire de penser, remettre les pensées à l’ordre du jour, et revenir un peu le vague à l’âme (oserais-je dire que se sera dans l’air du temps?), avoir l’espérance d’avoir enfin régler mes doutes… Je vous ai dit que je doutais? Hum… J’essaie de me souvenir… Je crois que même célibataire, je n’ai jamais été seul aussi longtemps que mes prochaines vacances.

Ça me fait peur.


J’aimerais ça vous dire que le fait qu’officiellement, plus aucune de mes ex se retrouve sans enfants, pis que l’été emmène vraiment son lot de trop de mariages partout, pis toute, pis toute… Que ça me touche pas, mais tsé…

… en tout cas.


À la minute que tu dis à l’univers que tu as quelqu’un dans ta vie, toutes les anciennes histoires reviennent. La première date de ce blog, que je rencontre dans un festival de cinéma; la folle à la webcam qui m’a demandée en mariage, qui m’a envoyé un demande de gangbang via Facebook; la petite taquine qui part en vacance avec son daddy; l‘agace qui m’envoie des messages à répétition pour que j’aille pimenter ses soirées; Miss Vipère, maintenant en couple, qui pose toujours des mines; une autre date infructueuse qui ressort de l’ombre; même cette possible reprise de dossier d’antan, qui déclare « que bizarrement, elle s’ennuie de moi ».

C’est vraiment une constante de l’univers non? À chaque fois qu’une personne sors du marché des agents libres, tous ces fantômes ressortent. Pour tester mes convictions? Peut-être. Ça donne plein d’amour, c’est gentil, mais d’un autre côté… Oui, ça teste mes convictions. Ce n’est pas parce que je m’essaie sur l’engagement que je ‘ai pas perdu ma sacro-sainte peur du dit engagement.

Et là, j’ai peur de flancher, et de rompre mes engagement.

Vous ai-je déjà dit que j’étais un grand peureux de nature?